Azélina Jaboulet-Vercherre | The Physician, the Drinker, and the Drunk

Azélina Jaboulet-Vercherre, The Physician, the Drinker, and the DrunkAzélina Jaboulet-Vercherre

The Physician, the Drinker, and the Drunk

Wine’s Uses and Abuses in Late Medieval Natural Philosophy

Brepols Publishers, 2O14, 277 pages

Résumé par l’auteure

Le médecin, le buveur et l’ivrogne

Les représentations philosophico-médicales du vin au cours des derniers siècles du Moyen Âge sont riches d’informations sur cette boisson à la longévité millénaire. Ces textes permettent d’en réexaminer les significations et les interprétations. Les relations entre la nature du vin, la condition humaine, et les éléments constitutifs de l’univers ont donc délimité les grands axes de cette étude sur l’histoire des effets et des usages du vin.

Ma base documentaire comprend des sources encyclopédiques parmi lesquelles le Canon d’Avicenne (et ses commentaires en latin par Gentile da Foligno et Jacques Despars), le Pantegni d’‘Alī ibn-al-‘Abbās al-Mağūsī (dans sa traduction latine par Constantin l’Africain), le Lilium medicinae de Bernard de Gordon, ou encore la Practica maior de Michel Savonarole. L’analyse de ces sources a été complétée par une étude approfondie de la littérature diététique incluant, notamment, le De dietis d’Isaac Israeli, le Tacuinum sanitatis d’Ibn Buṭlān, les régimes de santé de Maino de Maineri et Arnaud de Villeneuve, auxquels se sont ajoutés divers traités comme l’opuscule de Michel Savonarole sur l’alcool (Libellus optimus de aqua vita), les Consilia de Taddeo Alderotti, ainsi que les manuels de chirurgie de Teodorico Borgognoni et Guy de Chauliac.

A partir de ce corpus, mon propos était de montrer les multiples facettes du vin et des hommes qui le boivent. La place centrale du vin dans cette littérature s’explique par son rôle dans le régime quotidien des médiévaux. Elément indispensable à la bonne santé, il est doté d’une puissance d’altération physiologique, d’où la nécessaire adaptation du vin au buveur et l’insistance universelle sur la modération. Le « régime », au-delà du maintien physique, implique une forme morale de contrôle de soi, de conduite des bonnes manières.

Si les ravages qui ont atteint la vigne à l’époque moderne empêchent toute appréciation linéaire des plants et des cépages, il est possible de restituer les discours relatifs à la substance du vin, sa couleur et sa fragrance ainsi que les variations du goût au fil des siècles. Le buveur devient amateur non seulement s’il sait choisir le vin qui convient à sa constitution mais aussi s’il en maîtrise le rythme de consommation et sait mesurer les proportions qui lui permettent de rester – ou de revenir – dans le cadre de sa santé.

L’ivresse, conséquence “accidentelle” de la consommation de vin, peut être évitée grâce au bon exercice de la vertu cardinale de tempérance. Lorsque la bonne mesure est dépassée, ce ne sont plus véritablement les qualités et défauts éventuels des vins qui sont mis en cause mais plutôt la faute morale du buveur. Les qualités d’un vin peuvent même aggraver son vice, non seulement en le stimulant, mais aussi en ajoutant à la gourmandise le péché d’orgueil s’il étale des goûts de luxe avec ostentation. A force de privilégier le plaisir au détriment de la tempérance, les appétits de l’homme gagnent en force et en nombre et ses habitudes délétères deviennent une seconde nature. La voracité est d’autant plus condamnée que, par le principe de concaténation des vices, elle s’accompagne de désirs de chair, eux aussi incontrôlés, et de chute vers la maladie. En effet, les déviances comportementales sont révélatrices des désordres physiques qui en sont la source. L’assimilation du vin est susceptible d’altérer de nombreux organes en fonction de leur propre constitution. Maladies du refroidissement, fièvres et maladies organiques sont liées au vin et causent le trouble sans relâche dont l’ivrogne est la proie.

Le prisme du vin permet d’aborder la culture savante des XIIIe-XVe siècles de part et d’autre des Alpes et révèle l’absence d’un quelconque caractère monolithique des réflexions qui l’entourent. En l’absence d’analyse de laboratoires et d’avancées dites “technologiques”, la science le cède à la cognition, et ainsi l’honneur est rendu à la discussion, au débat sur cette substance curieuse qui peut altérer les actions humaines et que les gens aiment généralement, parfois au-delà des limites de la bonne santé et des bonnes manières. Le seul consensus, outre la nécessaire modération, se porte sur l’accord entre le vin et son buveur. Pour ce dernier, un bon vin est celui qui convient à son mélange humoral et qui, ainsi, répond à son corps, à ses besoins, et à son plaisir.

Abstract

Why is it so puzzling for people to decide whether to censure wine, or to celebrate it ?

In this book, Azélina Jaboulet-Vercherre traces a history of wine drinking by mining historical sources for descriptions of wine’s properties. Relying mainly on French and Italian natural philosophical sources, with a special focus on the late Middle Ages, Professor Jaboulet-Vercherre examines and illuminates the disparate – and often conflicting – opinions of writers on wine with respect to both the preservation and restoration of health and the quest for pleasure. She also explores their analyses of wine’s potentially dangerous impacts.

The 13th to 15th centuries were a time when medical experts had profound insights to offer on the subject of wine, opinions gained not from the experimental laboratory, but rather from the steady application of their cognitive skills. This study bridges gaps in our understanding of the role of wine in late medieval civilization and, by extension, our own.

L’auteure

Azélina Jaboulet-Vercherre.

Azélina Jaboulet-Vercherre received her Ph. D. in History from Yale University in 2011, after a rich set of curricula in Art History (École du Louvre), History (Sorbonne; École Pratique des Hautes Études), Archaeology, and Literature (Sorbonne). She is now assistant professor at École Hôtelière de Lausanne, where she has created several “Wine History” courses for the Bachelor’s and EMBA programs.

Source : www.azelinajaboulet.com

Pour en savoir plus

Fiche technique

AUTEUR : Jaboulet-Vercherre, Azélina 
TITRE : he Physician, the Drinker, and the Drunk. Wine’s Uses and Abuses in Late Medieval Natural Philosophy
EDITEUR : Brepols Publishers
FORMAT : Broché, 15,6 cm × 23,4 cm, 277 pages
ISBN : 978-2-503-55279-8 
PRIX PUBLIC : 98,31 euros
PARUTION : Novembre 2014

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