Parution | Jean-Claude Pirotte, Plein emploi

Plein-emploi-Jean-Claude-PirotteJean-Claude Pirotte, Plein emploi, Le Castor Astral, 2016, 176 pages.

Présentation de l’éditeur

Un recueil inédit et particulièrement touchant d’un poète majeur qui nous a quittés en mai 2014.

Malgré la mort qui rôde, ce livre est empreint d’une énergie et d’un positivisme enthousiasmants. Ce carnet, commencé à la mer du Nord en janvier 2010, et continué dans le Jura, a été achevé à la mer du Nord le 20 octobre 2011.

Plein emploi se situe dans la lignée de Cette âme perdue et Gens sérieux s’abstenir, pour constituer une sorte de triptyque.

Extraits

entre, lune, par la soupente
entrouverte car il est temps
d’écrire ensemble la romance
de ton reflet dans les étangs

entre poser sur ma main blanche
et ma page tout aussi pâle
ton regard avant que le temps
nous sépare d’un coup d’épaule

viens murmurer à mon oreille
ce que ne dit pas le soleil
viens partager ma longue attente
et me dicter les mots de craie
sur l’ardoise de mon enfance

p. 77

le reflet des livres dans la vitre
à l’heure du dernier rai de lumière
venu de l’échancrure du val
et cet instant suspendu qu’on espère

promesse de lendemains
réceptacle de longue mémoire
comme si vivre et mourir
se confondaient en un seul soir

mais la clarté se retire
de la vitre et du miroir
et les pins dressés au versant
de la vallée s’éteignent

et les voix sur le chemin glissent
nées de cette ombre qui dérive

p. 58

qu’est-ce qu’un sonnet sinon
un tissu de sornettes
un exercice d’enfançon
qui pleure quand on l’embête

l’un dit tu te prends la tête
l’autre tu fais des façons
un autre encore tu maltraites
les rythmes et les sons

je suis d’accord je laisse
la critique me malmener
je n’en ai cure il est

heureux que je me tresse
au front quelques lauriers
histoire de passer l’été

p. 148

Plein emploi de Jean-Claude Pirotte, par Bertrand Degott

“Même mort, Jean-Claude Pirotte continue de publier ses carnets. Celui-ci, nous postvient-il, « commencé à la mer du Nord en janvier 2010, et continué dans le Jura, a été achevé à la mer du Nord le 20 octobre 2011 ». Si les lieux importent à ce point, c’est qu’ils ont rendu les séjours possibles.”  (Sitaudis.fr, 14 juin 2016) >> lire la suite

L’auteur

Jean-Claude Pirotte lisant En Cabardès. Juin 2004. © CEPDIVIN
Jean-Claude Pirotte. Juin 2004. © CEPDIVIN

 

Pour en savoir plus sur Jean-Claude Pirotte, voir l’hommage rendu par CEPDIVIN

 

 

 

 

 

Dossier de presse

“Jean-Claude Pirotte possède la grâce de ceux qui préfèrent l’ombre à la lumière, la médi- tation à l’exhibition. Chaque phrase est un diamant, poli par un maître orfèvre.” François Busnel, L’Express

“Pirotte aimait croire que c’est un excès de poésie qui l’emporterait puisque la poésie l’emporte toujours à la fin. ” Olivier Maison, Marianne

“Aquarelliste des matins blêmes, Pirotte était également peintre, illustrant les jaquettes de ses livres de paysages liquides. Emmanuel Bove est un des fantômes qui l’accompagnent, avec Cingria, Jaccottet, Henri Thomas et quelques autres.” Claire Devarrieux, Libération

“Il a connu le bonheur de l’errance et de la promenade, le privilège de n’être jamais trop sérieux, la consolation de savoir regarder un paysage comme s’il n’y avait rien de plus important, la gentillesse d’avoir su faire de la poésie avec cette matière sans forme qu’on appelle, par habitude, la vie humaine.” David Caviglioli, L’Obs

“Jean-Caude Pirotte, c’était le poète du quotidien et du paysage, des bonheurs fragiles, de la solitude et des “ciels immenses, gorgés de vent”.” Macha Séry, Le Monde

“Dans Plein Emploi, écrit entre 2010 et 2011, de la mer du Nord au Jura et du Jura à la mer du Nord, on retrouve Pirotte tel qu’en lui-même l’éternité le change : errant, buveur, paysagiste, hanté par l’enfance et par une mort prochaine qu’il pressent. Virtuose de la rime qu’il estime injustement négligée, il ne répugne pas aux formes anciennes comme le sonnet mais sait aussi jouer de l’assonance. Pirotte, c’est aussi, encore et toujours, un passeur, c’est à dire un poète qui aime les poètes, chose assez rare pour être signalée. Le paradoxe, c’est que ce sans-domicile fixe qui aimait les caves et les bibliothèques, a toujours su les emporter avec lui par un étrange tour de magie dont on n’a toujours pas trouvé le secret et qu’il ne fut surtout pas trouver, histoire que l’enchantement demeure.” Causeur

“Poète à mi-temps et peintre des autres jours, Jean-Claude Pirotte s’était réfugié, ses dernières années, dans le Plein emploide l’écriture poétique. Sentant planer l’oiseau de mort, il écrivait des centaines de poèmes en recueils, pour le plaisir, loin du souci de publier. Pirotte, à mesure qu’il revisite les trésors de sa vie, relisant les poètes – ici Jacques Baron, Henri Thomas, Pierre Morhange, l’indispensable auteur de La vie est unique – et tant d’autres entre les lignes, semble attribuer à la poésie une autre fonction : donner vie à tout ce qui n’est pas. Grâce à Pirotte, on découvre le temps qui n’a plus de prise sur les mots. Ce qui n’est pas si mal, ici-bas.” Salon Littéraire

Source : www.castorastral.com

Fiche technique

AUTEUR : Pirotte, Jean-Claude
TITRE : Plein emploi
EDITEUR : Le Castor Astral
COLLECTION : Poésie
FORMAT : Broché, 20,5 cm × 14,1 cm x 1,3 cm, 176 pages
EAN / ISBN 13 : 9791027800711
PRIX PUBLIC : 15,00 Euros
PARUTION : 19/05/2016

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