{"id":2638,"date":"2014-02-22T22:01:00","date_gmt":"2014-02-22T21:01:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cepdivin.org\/?p=2638"},"modified":"2015-11-01T18:04:29","modified_gmt":"2015-11-01T17:04:29","slug":"houchang-golchiri-chronique-de-la-victoire-des-mages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cepdivin.org\/?p=2638","title":{"rendered":"Houchang Golchiri | Chronique de la Victoire des Mages"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">See on <a style=\"font-weight: bold; font-size: 18px;\" href=\"http:\/\/www.scoop.it\/t\/vin-culture-societe\/p\/4016435382\/2014\/02\/22\/houchang-golchiri-chronique-de-la-victoire-des-mages\" target=\"_blank\">Scoop.it<\/a> &#8211; <a href=\"http:\/\/www.scoop.it\/t\/la-cave-a-livres\" target=\"_blank\">La cave \u00e0 livres<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.scoop.it\/t\/vin-culture-societe\/p\/4016435382\/2014\/02\/22\/houchang-golchiri-chronique-de-la-victoire-des-mages\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" alt=\"\" src=\"http:\/\/img.scoop.it\/gClTp567AAH6Ctl0lQqxDjl72eJkfbmt4t8yenImKBXEejxNn4ZJNZ2ss5Ku7Cxt\" width=\"343\" height=\"475\" \/><\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Houchang Golchiri, <em>Chronique de la Victoire des Mages<\/em><\/h2>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Traduction (persan), postface et notes de Christophe Bala\u00ff<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">L\u2019Inventaire, Paris, 1997, 75 pages<\/h4>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e9sentation de l&#8217;\u00e9diteur<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux premiers temps de la r\u00e9volution iranienne, de jeunes \u00e9meutiers d\u00e9boulonnent la statue du Shah. Dans leur enthousiasme, ils ne voient pas s&#8217;instaurer un nouvel ordre, celui des Ayatollahs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tavernier Gar\u00e2t, lui, en a d&#8217;embl\u00e9e conscience. Pourtant, bravant les interdits et la peur du fouet, il persiste \u00e0 servir du vin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa victoire, au travers du martyre sera celle de l&#8217;esprit et du c\u0153ur, du d\u00e9sir sur la r\u00e9alit\u00e9 ; celle, encore inachev\u00e9e, d&#8217;un pays qui sait son destin plus grand que ses malheurs pr\u00e9sents.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Extrait<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il chante debout. On se l\u00e8ve pour danser, main dans la main, en se prenant par la taille. Du pied, on marque le rythme, quand, soudain, des tirs se font entendre, l\u00e0-bas, du c\u00f4t\u00e9 de la ville. On s\u2019en moque! Akbar Agha Panjeh continue de chanter. Mais on ne saisit plus les paroles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Eteignez les lampes! crie quelqu\u2019un. Vite, on nous voit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se baisse. C\u2019est inutile. On regarde nos mains pleines de sang: trop tard! Akbar Agha Panjeh chante toujours :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; &#8220;Si le pr\u00e9dicateur&#8230; &#8220;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il chante \u00e0 pleine voix :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sois libre, et g\u00e9n\u00e9reux!\u00a0Ce n\u2019est pas difficile.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La b\u00eate qui ne boit pas de vin, jamais ne sera homme.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Dieu accomplit son \u0153uvre, \u00f4 c\u0153ur r\u00e9jouistoi!<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le d\u00e9mon, par La ruse, n\u2019est pas plus Salomon!<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On n\u2019entend plus les tirs, seulement la voix d\u2019Akbar Agha Panjeh. Quand ils approchent, nous faisons cercle autour de nos lampes, une bouteille \u00e0 la main. Akbar Agha Panjeh chante son couplet; nous reprenons le refrain. Ils sont l\u00e0. Le bruit des rafales de mitraillettes couvre le chant. Ils tirent en l\u2019air. Dans le noir. On ne les voit pas. Quelqu\u2019un r\u00e9cite un verset du Coran, dans un arabe tr\u00e9s pur. D\u00e8s qu\u2019ils franchissent le cercle de lumi\u00e8re, on les aper\u00e7oit. Un ch\u00e8che masque leur visage. Ils mettent un genou \u00e0 terre, braquent leurs fusils sur nous. Un seul est rest\u00e9 debout, le fouet \u00e0 la main. Akbar s\u2019est arr\u00eat\u00e9 de chanter. Il s\u2019assoit. Nous aussi. Tous ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Il faut tous les fouetter, dit une voix dans le haut-parleur. Tous! Commencez par un bout. M\u00eame si \u00e7a doit durer jusqu\u2019\u00e0 la fin des temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils couchent l\u2019un de nous \u00e0 m\u00eame le sol. Deux le prennent par les jambes, deux autres par les bras. Ils jettent sur sa t\u00eate un tissu noir et lui en fourrent un morceau dans la bouche. Puis ils frappent. On n\u2019entend pas un bruit. Personne ne bronche. Ensuite, ils s\u2019assoient en cercle autour de nous, \u00e0 la lisi\u00e8re de notre cercle de lumi\u00e8re, le visage masqu\u00e9 par le foulard. On ne voit que leurs yeux. Et nous, nous tous, tournant le dos aux astres \u00e9ternels, dans l\u2019attente des deux masques qui viendront nous saisir par les pieds, nous nous couchons, humbles et crott\u00e9s. En attendant que, pour nous, vienne l\u2019heure du ch\u00e2timent islamique, nous t\u00e9tons au goulot des bouteilles, les ultimes gouttes de cette \u00e2pre abomination. Alors, ivres, nous nous \u00e9tendons face contre terre, contre cette terre froide et humide de ros\u00e9e &#8211; la terre de nos anc\u00eatres. Et nous attendons.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteur<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Houchang Golchiri<\/strong> \u00a0(Ispahan, 1940 \u2013 T\u00e9h\u00e9ran 2000)\u00a0est l\u2019un des principaux \u00e9crivains iraniens contemporains. Il a publi\u00e9 une quinzaine de romans et de recueils de nouvelles, d\u2019essais et de po\u00e8mes.\u00a0Influenc\u00e9 par Hed\u00e2yat, mais aussi par Joyce et Faulkner, son \u0153uvre plonge dans le tissu litt\u00e9raire et historique du pays. Il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises lorsque commen\u00e7a sa lutte pour la libert\u00e9 d\u2019expression sons le r\u00e9gime du Chah. Apr\u00e8s la r\u00e9volution islamique, l\u2018Association des \u00e9crivains iraniens (Kanoun-\u00e9-Nevissandegan), dont il fut un des animateurs, sera dissoute. En 1994, il est signataire, avec cent trente-trois intellectuels de la lettre ouverte &#8220;Nous sommes des \u00e9crivains&#8221;. Il sera interpell\u00e9 en 1996 lors d\u2019une tentative de remettre sur pied l\u2019Association des \u00e9crivains.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">En savoir plus<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le verre et le verbe hauts\u00a0<\/strong><br \/>\n<em>Chronique de la victoire des Mages\u00a0<\/em><br \/>\nDe Houchang Golchiri<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8220;Lu en public en 1979 en Iran par son auteur, ce text\u00e9 \u00e9tincelant n\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 que dix ans plus tard. En Su\u00e8de. Un d\u00e9tour qui indique combien la &#8220;victoire des mages&#8221; reste probl\u00e9matique. Cette victoire est celle du vin, premi\u00e8re des libert\u00e9s. Et celle de la po\u00e9sie : &#8220;Quand le po\u00e8te parle du vin ou de l\u2019\u00e9chanson, c\u2019est pour lutter contre l\u2019hypocrisie, pour d\u00e9masquer les int\u00e9gristes.&#8221; En d\u00e9bitant son alcool, Bar\u00e2t, le tavernier, manifeste le m\u00eame h\u00e9ro\u00efsme tranquille qu\u2019en renversant, seul, la statue du tyran. Interdire un jour le vin &#8211; cette &#8220;abomination des abominations, plus suave qu\u2019un baiser sur la joue&#8221;, selon H\u00e2fez -, c\u2019est entasser des livres au milieu de la rue pour y mettre le feu le lendemain ; c\u2019est jeter de l\u2019acide au visage des femmes le surlendemain et finir par crier, la haine aux l\u00e8vres : &#8220;Vive la mort ! Vive le cimeti\u00e8re ! &#8220;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La victoire des mages serait celle des pr\u00eatres zoroastriens, celle de la Perse pr\u00e9islamique. Houchang Golchiri, l\u2019un des principaux \u00e9crivains iraniens contemporains, appelle \u00e0 renouer avec ces antiques racines, avec H\u00e2fez comme avec la tradition du conte politique.&#8221;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<em>Le Monde<\/em>, 4 Juillet 1997 (extrait)<\/p>\n<address>Source : \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.golshirifoundation.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">Houshang Golshiri Foundation<\/a><\/address>\n<address>\u00a0<\/address>\n<pre>AUTEUR : Golchiri, <span style=\"background-color: #f8f8f8; color: #000000; font-family: Monaco, Consolas, 'Lucida Console', 'Bitstream Vera Sans Mono', monospace; font-size: 12px; line-height: 1.62em;\">Houchang<\/span>\r\nTITRE : Chronique de la Victoire des Mages\r\nEDITEUR : Editions L'Inventaire\r\nFORMAT : Broch\u00e9, 12,2 x 16,6 x 1,0 cm, 75 pages.\r\nISBN : 9782910490089\u00a0\r\nPRIX PUBLIC : 9,20 Euros\r\nPARUTION : 01\/03\/1997<\/pre>\n<p><iframe style=\"width:120px;height:240px;\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" src=\"\/\/ws-eu.amazon-adsystem.com\/widgets\/q?ServiceVersion=20070822&#038;OneJS=1&#038;Operation=GetAdHtml&#038;MarketPlace=FR&#038;source=ac&#038;ref=tf_til&#038;ad_type=product_link&#038;tracking_id=cepdivin-21&#038;marketplace=amazon&#038;region=FR&#038;placement=2910490084&#038;asins=2910490084&#038;linkId=&#038;show_border=true&#038;link_opens_in_new_window=true\"><br \/>\n<\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>See on Scoop.it &#8211; La cave \u00e0 livres Houchang Golchiri, Chronique de la Victoire des Mages Traduction (persan), postface et notes de Christophe Bala\u00ff L\u2019Inventaire, Paris, 1997, 75 pages Pr\u00e9sentation de l&#8217;\u00e9diteur Aux premiers temps de la r\u00e9volution iranienne, de jeunes \u00e9meutiers d\u00e9boulonnent la statue du Shah. 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