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Du chêne-liège au bouchon

par Philippe Margot


SOMMAIRE

Partie 1 - Histoire et géographie
Historique
Développement du liège
La culture du chêne-liège dans le monde et en Europe
Les aspects botaniques


Partie 2 - Le travail du liège
Le prélèvement du liège (déliègeage)
La récolte du liège et le traitement des planches
Le démasclage
Le stockage
Le premier bouillage
La préparation des plaques de liège
Le deuxième bouillage
Le stockage en cave à liège


Partie 3 - La fabrication des bouchons
Le tirage en bandes
Le tubage
Le premier tri et la mise à longueur
Le deuxième tri et le lavage
Le tri de sélection des choix
Le marquage des bouchons
Le satinage


Partie 4 - Le goût de bouchon
Le goût de bouchon, c'est quoi ?
La filière du goût de bouchon
La fin du goût de bouchon?
Procédé Diamant® - Diam, le bouchon en or
Comment Diam® préserve le fruité de votre vin
Le groupe Oeneo - de l'élevage au bouchage du vin


Partie 5 - Annexes
Foire aux questions selon Oeneo Bouchage
Perméabilité des bouchons à l'oxygène
Conseils d'assistance technique aux vignerons et embouteilleurs
Les autres types de bouchage


Sources
Sources, crédits photos et collaboration




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La subéraie est une grande culture de chênes-lièges. Des subéraies entourent tout le bassin méditerranéen, berceau des grands pays viticoles.



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Le prélèvement ou levage du liège implique beaucoup de patience
jusqu'à ce que la qualité et l'épaisseur soient suffisantes, ainsi que le savoir-faire du spécialiste.



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La gestion des stocks de liège n'est pas une mince affaire quand elle atteint ces proportions.



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La qualité du liège dépend de la manière dont il est entreposé.



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Le premier bouillage joue le rôle de puissant désinfectant. Il donne aux plaques une forme et un assouplissement déterminants pour la suite des travaux.



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Le liège naturel est une matière brute, délicate, qui mérite des soins attentifs en matière de stockage et de séchage.
Le chêne-liège dans un vignoble portugais
Le chêne-liège dans un vignoble portugais.


PARTIE 2 - Le travail du liège

 

En guise d'introduction, une vidéo sur la récolte du liège





Le prélèvement du liège (déliègeage)

C'est le milieu végétatif qui influence énormément la durée nécessaire à la production de l'épaisseur industrielle minimum. La durée de maturation tend à s'allonger lorsqu'on s'écarte du centre de dispersion de l'aire de végétation naturelle du chêne-liège.

Le premier levage intervient entre la vingt-cinquième et la trentième année du chêne-liège. Cette première écorce (mâle) provient uniquement du tronc et ne convient pas à la fabrication des bouchons. L'écorce se reforme lentement si bien que les levages successifs peuvent intervenir en moyenne tous les neuf à quinze ans, au début toujours uniquement du tronc (liège de première reproduction). Lors des levages ultérieurs effectués jusqu'aux branches principales, il s'agit d'écorce femelle. Pour ne pas perturber l'arbre dans sa croissance, il importe de ne pas dénuder plus de 60% de sa surface totale. Bien que l'écorce de liège assure à l'arbre une excellente protection aux intempéries (variations de température), l'opération de levage correctement entreprise ne blesse pas l'arbre. Dans les territoires subéricoles du type Espagne, Portugal, Maroc et Algérie, les subériculteurs considèrent que neuf ans suffisent pour produire une épaisseur d'au moins trente millimètres de liège. En limite nord de l'aire naturelle, notamment en France, il faut compter douze à quinze ans pour un même résultat. Cette durée supplémentaire compense les conditions climatiques moins avantageuses, ainsi que les sols souvent moins productifs que les terres cultivées et entretenues du Portugal.

La qualité du liège de production dépend donc de l'âge du liège au moment du déliègeage. Cela est dû à l'augmentation progressive du calibre et à l'amélioration de la relation entre le liège de printemps et le liège d'automne dans les dernières couches de liège produites. De plus, dans ces dernières couches, les déformations et les élargissements des canaux lenticellaires sont moins fréquents, ce qui réduit la porosité. En général, la qualité du liège s'améliore avec l'augmentation de la durée du tour de déliègeage.

La qualité du liège obtenu d'un arbre tend à s'améliorer avec les déliègeages successifs et aussi avec l'âge jusqu'à une certaine limite. Parmi les arbres trop âgés, l'accumulation de blessures et de cicatrices et la réduction de croissance du bois et du liège avec l'âge, conduit à une nette baisse de la qualité du liège produit.

Une fois détachées de l'arbre, les plaques de liège sont rassemblées en tas, en plein air, dans la plantation pour un premier séchage pendant quelques mois. C'est à ce moment qu'intervient la vente de cette matière première du producteur au bouchonnier. Elle peut également être achetée sur pied et être levée par les soins du bouchonnier qui contrôle ainsi bien mieux l'origine de ses approvisionnements.

En ce qui concerne la récolte du liège, le traitement des planches et la fabrication des bouchons naturels, les techniques sont assez semblables d'une entreprise à l'autre. Les méthodes décrites ci-après sont celles qui sont développées par la société OENEO Bouchage SAS, un important bouchonnier français, installé à Céret dans les Pyrénées-Orientales.

 

La récolte du liège et le traitement des planches

 

Le démasclage

Le levage du liège, appelé démasclage, est entrepris avec une hache à tranchant courbe. L'opération de déliègeage comporte quatre phases:

- la découpe d'une entaille horizontale sur le liège, au niveau supérieur du déliègeage,

- l'ouverture dans le sens vertical de l'arbre sur toute la hauteur à lever,

- l'introduction du fer de la hache, puis du manche, entre le liège et l'assise subérophellodermique pour aider à la séparation,

- le décollement de la planche pour la détacher du pied de l'arbre.

Le travail de déliègeage doit être mené avec précision pour ne pas blesser l'assise génératrice, ce qui influerait négativement sur la longévité et la capacité de l'arbre à produire du liège. C'est pourquoi ce travail reste essentiellement manuel, l'utilisation de scies mécaniques accroissant le risque de léser la «mère».

 

Le stockage

Après la récolte, le liège a une humidité comprise entre 15 et 30% suivant la région et le climat. Afin d'abaisser ce taux, il est nécessaire de stocker le liège à l'air libre durant au minimum douze mois. La durée de ce séchage est déterminante sur la qualité finale du bouchon. Les planches de liège sont donc empilées, le ventre tourné vers le sol et sont laissées sur parc pendant un an. Durant ce séjour à l'air libre, le liège est affiné par des phénomènes d'oxydation. Il perd par lessivage des tanins et des sels minéraux.

 

Le premier bouillage

Les plaques de liège sont plongées dans l'eau claire bouillante et maintenues immergées une heure et demie. Cette opération a plusieurs buts:

- Le bouillage permet de nettoyer le liège en le débarrassant des parasites et d'éliminer une partie des substances hydrosolubles qu'il contient encore, notamment des sels minéraux et des tannins.

- Le plus grand effet du bouillage est le redressement des ondulations des parois cellulaires. La dilatation radiale, parallèle aux lenticelles est beaucoup plus importante (10 à 15%) que les dilatations axiales et tangentielles, perpendiculaires aux lenticelles (5 à 7%). Finalement, ce traitement permet d'obtenir par un gonflement d'environ 30% en volume, une épaisseur suffisante pour le travail de bouchonnerie. La masse n'est pratiquement pas affectée.

- Le bouillage agit en assouplissant le liège, tout comme il réduit son anisotropie élastique.

 

La préparation des plaques de liège

Les bords des planches sont ensuite redressés au couteau. Cette opération permet de définir exactement les caractéristiques d'épaisseur et de qualité de chaque planche pour en déterminer sa destination.

On trie les planches suivant leur épaisseur. Les bouchonniers avaient l'habitude de s'exprimer en lignes de 2,25 mm, soit  en catégories de 10 à 12 lignes, 12 à 14 lignes, 14 à 18 lignes et 18 à 24 lignes. En outre, le liège est classé selon d'autres critères de qualité, de texture, appréciées à l'œil et au toucher: selon la densité des lenticelles, la finesse et la souplesse du grain ainsi que l'absence de défauts. Les planches présentant un défaut quelconque (liège boisé, vert, terreux, à taches jaunes, crevassé, soufflé ou présentant des trous de fourmis et de vers) sont éliminées à ce stade.

Les planches sont ensuite pressées en balles afin de les aplanir.

 

Le deuxième bouillage

Un deuxième bouillage prépare le liège aux opérations ultérieures, en particulier le tubage.

 

Le stockage en cave à liège

Les balles son empilées pendant une quinzaine de jours dans un local clos et sombre où règne une température d'environ 30°C, ainsi qu'une hygrométrie de près de 100%. Durant ce séjour, les plaques de liège deviennent plus planes et leur humidité (d'environ 25% après bouillage) décroît jusqu'à un optimum (14 à 17%), permettant ensuite le tubage des bouchons sans arrachement et sans déformation excessive. Dans cette atmosphère se développent à la surface des plaques de liège des moisissures qui imposent une décontamination après transformation en bouchons.

Partie 1 / Partie 2 / Partie 3 / Partie 4 / Partie 5 / Sources
Copyright :
© Philippe MARGOT, Journaliste du vin
Quai de la Veveyse 6
CH-1800 VEVEY
phmargot@freesurf.ch
mise en ligne : 16/12/2006 (modifié : 21/01/2007)

POUR CITER CET ARTICLE :
Philippe Margot, "Du chêne-liège au bouchon, Partie 2 : La récolte du liège", Cepdivin.org, décembre 2006, [En ligne] http://www.cepdivin.org/articles/phmargot015/02.html (Page consultée le ).



Philippe MARGOT : auteur du livre LE VIN de la Bouteille au Verre aux éditions Ketty & Alexandre, 1063 Chapelle-sur-Moudon (Suisse) - N° ISBN 2-88114-045-9 ; du glossaire des Mots de la Vigne, du Vin et des Alcools mais aussi des Mots de la Cuisine, de la Gastronomie et de l'Oenotourisme, sur le site http://www.cavesa.ch ; du "Florilège de Citations sur la Vigne et le Vin", sur le site http://och.free.fr, rubrique "Citations / Le vin".

Pour en savoir plus : Philippe Margot, journaliste vitivinicolePage perso de Philippe MARGOT
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